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Non, ce n’est rien. Rien d’identifiable en tout cas, rien qui se puisse désigner avec exactitude. Ou, disons : presque rien. Une énigme. Un mystère… Quelque chose (tout de même) comme une fresque rupestre, mais sans la lourdeur pariétale, une fresque qui aurait la précision et la délicatesse d’un schéma scientifique dans une discipline ignorée. Quoi ? Géologie, biologie, zoologie ? On pense à tout ça. Mais, « ce n’est rien ». C’est ça ! Une turbulence circulaire en vase-clos, une agitation qui donne naissance à des formes inqualifiables. À moins que ce soit les formes, qui génèrent toute cette agitation… C’est de l’innommable qui grouille et qui prend forme, nous environne, tourbillonne autour de nous, au point de nous faire perdre la boule. Une prolifération pénétrante. Quelque chose est entré par ici (par la fenêtre sans doute, puisque tel est l’usage ici !) qui ressortira par là. En traversant l’espace, cette masse organique ( ?) évolue, se modifie, se mord la queue… Les courant se rejoignent, se mêlent, se séparent. Etrange matière, plus ou moins légères, plus ou moins vigoureuse, oscillant entre la rouille et la sève. Vivante, de toute évidence, mais à la manière insaisissable du vif-argent. Messages et présages.  L’arpenteur qui a pris la mesure de cette invasion se nomme Etienne Pressager.  Il est dessinateur. Il n’aspire à rien, qu’au dessin. Indifférent aux effets de modes et à la mode des effets de l’art contemporain. Pressager poursuit son chemin. Il trace des traits. Son support de prédilection est le papier dont le grain accroche le pigment des crayons. Habitué à travailler sur des formats modestes, à présenter des dessins dans des cadres, aux murs des lieux d’exposition, il fait ici une exception. Les dimensions modestes de ka galerie Octave Cowbell et son esprit rebelle l’ont incité à tenter une autre expérience, à tenter cette chose qui n’est rien, qui n’a pas de nom… « Ce n’est rien » est, précisément, le nom qu’il donne à cette expérience inédite. Entièrement recouvert de papier, les murs sont devenus un livre ouvert sur lequel se déploie cette calligraphie du troisième type. Livre de conte ou livre de compte ? Peut-être les deux. Il s’agit de prendre la mesure du lieu, de l’effort accompli, mais aussi des images mentales que convoque le dessin et que les objets présents dans la vitrine viennent documenter. Comme pour placer le visiteur au plus près de la source de son propre rêve.

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CE N'EST rien, une exposition d'Etienne Pressager, du 15 septembre au 15 octobre 2011, à la galerie Octave Cowbell - Metz 

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